Et Maintenant

  sego6mai.jpg On va travailler, rénover, refonder, préparer les prochaines échéances.
Dans chaque épreuve, dans chaque échéance politique, il faut en tirer les leçons et puis toujours regarder vers l'avenir.

Il faut rester unis, il faut prendre le temps de faire l'évaluation des choses.

Moi, je suis heureuse d'avoir donné un message d'espoir. Je sais qu'il y a beaucoup de gens déçus et tristes, je ne veux pas qu'il le soient, donc je prends ma force intérieure pour continuer à leur communiquer de l'énergie"





Mardi 31 mars 2009
En ce 25 mars 2009, un groupe de Français de Montréal s`est uni pour donner naissance à Désirs d'avenir Montréal.
Leur objectif est de tisser des liens avec les Français du Québec qui partagent le même désir d`avenir, un avenir  plus fraternel.
Vous pouvez les retrouver sur
http://desirsdavenirmontreal.over-blog.com/
Par Désir d’avenir Montréal - Publié dans : Désirs d'Avenir Canada
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Samedi 22 septembre 2007
Ségolène Royal fête ses 54 ans aujourd'hui elle est née le 22 septembre 1953 à Dakar.
Par Désir d’avenir Montréal - Publié dans : Message de Soutien - Communauté : Soutiens à Ségolène Royal
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Vendredi 21 septembre 2007
Par Désir d’avenir Montréal
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Vendredi 21 septembre 2007
Ségolène Royal à Québec : la politicienne tient bien la forme

Les médias pourront vous le confirmer : Ségolène Royal tient bien la forme. Plusieurs journalistes ont eu du mal à la suivre lors de sa marche à vitesse grand V dans les petites rues montagneuses du Vieux-Québec. Au début, tout le monde gardait le rythme.

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Un accueil digne d’une star!

Le moins que l’on puisse dire, c’est que Ségolène Royal est toujours aussi médiatique! Happée par une horde de photographes et de journalistes, Mme Royal a été accueillie en star hollywoodienne et assaillie de questions, volant ainsi la vedette à Jacques Jolicoeur lors de sa rencontre avec le maire suppléant de Québec à l’hôtel de ville ce matin.


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Des relations particulières entre le Poitou-Charentes et Québec

Le Poitou-Charentes et sa présidente, Ségolène Royal, débarquent en ville. Et ce n’est pas seulement pour y découvrir le Vieux-Québec, mais bien pour officialiser les relations économiques de sa région avec celles de Québec et de Chaudière-Appalaches. À cet effet, Mme Royal signera des ententes de coopération, aujourd’hui, à Montmagny après avoir visité les Maisons Laprise.

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Ségolène Royal au pays des PME

L’anecdote fait rire. Tout au long de la visite de la délégation du Poitou-Charentes chez Maisons Laprise, Ségolène Royal est à l’avant, serre des mains, donne le ton. Elle dirige une masse d’attachés, journalistes, élus et entrepreneurs qui la suivent pas à pas. Un peu plus et on croirait qu’elle est la présidente de l’entreprise de Montmagny.

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«Le suivi de la délinquance sexuelle est exemplaire au Québec!»

«Je trouve que vous avez une certaine avance au Québec concernant le suivi de la délinquance sexuelle. L’expérience acquise vous a permis de cibler les bonnes actions à prendre et d’être exemplaires sur les protocoles de soins», a lancé Ségolène Royal, candidate socialiste défaite à l’élection présidentielle française du printemps dernier, lors d’une visite au Centre hospitalier Robert-Giffard (CHRG) ce mardi. Durant sa deuxième journée de périple à Québec, la socialiste a rencontré une dizaine de spécialistes du CHRG autour d’une table afin d’en connaître davantage sur les traitements offerts aux délinquants sexuels et les méthodes entreprises pour contrer le risque de récidivisme.


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Carnet de voyage : Ségolène Royal au Canada

Alors que la France débat de la nécessité de durcir le ton envers les délinquants sexuels à la suite d’une agression commise par un récidiviste, la présidente de la région Poitou-Charentes et candidate socialiste à la dernière élection présidentielle dans l’Hexagone a profité de son passage à Québec, pour rencontrer les cliniciens de la Clinique d’évaluation et de traitement des troubles sexuels de l’hôpital Robert-Giffard.


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Kyoto: Ségolène Royal veut faire pression sur Ottawa

Lors de sa visite à Montréal, la socialiste française Ségolène Royal a dit souhaiter profiter du prochain Sommet de la francophonie qui aura lieu à Québec en octobre 2008 pour exercer «avec le Québec et les pays pauvres» des pressions sur Ottawa afin que le Canada ratifie le protocole de Kyoto. Mme Royal, qui a quitté le Québec hier soir après la visite de cinq jours de sa délégation de la région Poitou-Charentes, a participé mercredi à une réunion avec Greenpeace, Équiterre, Environnement jeunesse et le Regroupement des conseils régionaux de l'environnement du Québec.

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Ségolène Royal s'intéresse au Conseil des services essentiels

Alors que fait rage le débat sur le service minimum en France, la socialiste Ségolène Royal s'est fait expliquer le fonctionnement du Conseil des services essentiels, jeudi.

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Francophonie, changements climatiques et accommodements pour Ségolène Royal

Le questionnement actuel des Québécois sur les accommodements raisonnables est d'intérêt pour toutes les nations, estime l'ex-candidate socialiste aux présidentielles françaises, Ségolène Royal.

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Royal juge dangereux «l'alignement» de Sarkozy sur Bush

Ségolène Royal a critiqué lundi «l'alignement» de Nicolas Sarkozy sur l'administration du président américain George W. Bush lors de son premier grand déplacement au Québec.

Ségolène Royal a choisi le Québec pour son premier grand voyage à l'étranger depuis l'élection présidentielle. Son ancien adversaire Nicolas Sarkozy avait quant à lui passé ses vacances à Wolfeboro (New Hampshire), ville qui tient son nom du général anglais James Wolfe, qui défit les troupes françaises du marquis de Montcalm à Québec en 1759.

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Ségolène Royal juge "ultralibéral" le discours de Nicolas Sarkozy

L'ex-candidate socialiste à la présidence française Ségolène Royal a jugé "ultralibéral" le discours du président français Nicolas Sarkozy sur sa stratégie sociale, tout en notant qu'il reconnaissait "enfin" la nécessité d'un dialogue social.

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PLONGÉE dans le travail. Alors que les parlementaires ont fait leur rentrée hier, Ségolène Royal, qui n'est plus que présidente de Poitou-Charentes, est sûre d'avoir un statut à part. Entre local et global, élue de proximité et ancienne candidate. Depuis dimanche soir, Ségolène Royal est au Canada. Après avoir rencontré le premier ministre du Québec Jean Charest, lundi, Ségolène Royal est passée, hier, aux visites de terrain : visite d'une usine de fabrication de maisons à ossature en bois, rencontres sur le thème des éco-industries, visite du centre psychiatrique pour délinquants sexuels Robert Giffard. Quelques semaines après la polémique en France sur le traitement des pédophiles, Ségolène Royal estime qu'il faut s'inspirer « de ce qui marche » à l'étranger.
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Par Désir d’avenir Montréal - Publié dans : Ségolène Royal à l'étranger - Communauté : Soutiens à Ségolène Royal
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Jeudi 20 septembre 2007
Merci pour cet accueil extraordinairement chaleureux. Je n’ai qu’un regret à émettre, en effet, c’est que cette salle ne soit pas assez grande pour accueillir les plusieurs centaines de personnes qui sont à l’extérieur et j’espère que vous allez obtenir, en effet, tout le crédit public pour construire un très grand amphi où je reviendrai l’année prochaine pour vérifier.

Merci monsieur le recteur Vinet pour les mots aimables que vous venez de prononcer et je salue aussi le directeur du CÉRIUM, Jean-François Lisée, qui a organisé cette rencontre, vos collaborateurs, M. Frémont et Mme Crago, bien évidemment vous tous, étudiants, étudiantes, enseignants, enseignantes, les élus aussi de l’Assemblée nationale, de la Chambre des Communes, les élus municipaux qui sont présents, un mot aussi pour saluer mon amie Mme Louise Beaudoin, et enfin bien évidemment tous les chercheurs ici représentés. Nous avons là un concentré de matière grise, toutes générations confondues, et laissez-moi vous dire tout l’honneur qui m’est fait aujourd’hui par cette occasion de prendre la parole devant vous.

D’abord, je suis venue vers le Québec, au Canada, ici à Montréal avec curiosité, et je dois vous dire que je ne suis pas déçue. J’ai envie de dire d’abord : Merci, merci Québec, peuple né d’un voyage visionnaire, de l’exil et de la rencontre. Au-delà de l’hiver et du doute, quatre siècles durant, Québec, tu as tenu. Arrimé à cette langue de France, tu as su traverser les épreuves du temps et tu connais le prix des mots. Il faut saluer aujourd’hui, Québec, ton courage et garder cet extraordinaire esprit bâtisseur et qui doit continuer à nous tourner vers l’avenir.

Alors de part et d’autre de l’Atlantique, le nom d’une ville et d’un homme témoignent de notre histoire commune, puisque c’est dans la Région que je préside, à Brouage, que naquit Samuel Champlain et la promesse d’une Amérique française ou d’une nouvelle France. Comme on voudra. C’est du Poitou, des Charentes, puis de Normandie et d’Ile de France que par centaines, des femmes et des hommes vinrent au-devant des peuples amérindiens pour inventer le Nouveau-Monde. Et aujourd’hui encore, nous devons, face à la mondialisation qui menace, savoir si nous pouvons faire la pire ou la meilleure des choses et donc à nouveau inventer un nouveau monde.

Ainsi sommes nous, toutes et tous, unis dans le temps, avec nos différences et nos richesses propres. C’est cette habitude du vivre-ensemble solidaire qui est pour notre avenir la plus formidable des ressources. Ce patrimoine commun est un gage de paix. Ensemble, nous en avons la charge et nous pouvons en donner l’exemple pour d’autres parties du monde.

Ensemble, l’année prochaine, nous le célébrerons le 400e, et c’est encore ensemble que nous aurons la responsabilité de l’accroître et de le transmettre. Grâce à cette ténacité les quelques arpents de neige dont parlait Voltaire ont vu émerger une société moderne dont le dynamisme et l’ouverture sont souvent cités en exemple. Et c’est mérité. Au cours des dernières décennies, la société québécoise a opéré une transformation à la hauteur du pari audacieux qu’avaient tenu les artisans de la Révolution tranquille. C’est cela aussi qu’ensemble nous célèbrerons.

Ce 400ème anniversaire de la fondation du Québec et le Sommet de la Francophonie du mois d’octobre qui l’accompagnera seront l’occasion de conjuguer nos efforts pour donner à la Francophonie un souffle nouveau, à la hauteur des enjeux politiques du siècle où nous entrons. Côte à côte, nous avons œuvré à la reconnaissance de la diversité culturelle pour donner à la mondialisation un autre sens que le seul profit. Cette lutte qu’ensemble nous avons engagée, il nous faut la poursuivre car de son issue, nous le savons bien, dépend la persistance des valeurs fondamentales de chaque société. Parallèlement, il nous faut tout entreprendre pour éviter les ravages des replis identitaires et le heurt de civilisations. Fernand Braudel nous a enseigné la part de la langue dans la construction de notre identité.

Et il y aura en 2050, 300 millions d’hommes et de femmes qui parlent français. Nous souhaitons qu’il y en ait d’avantage encore. Tous les Francophones sont de cultures, de continents différents et, pourtant, ils ne s’opposent pourtant pas. Et c’est en cela que la Francophonie peut devenir modèle d’un nouvel équilibre mondial. Parce que quatre siècles après Champlain, face aux enjeux internationaux, la France et le Québec se retrouvent. Et le 400ème ne doit pas être seulement une commémoration mais un nouvel élan pour le siècle qui vient.

Or je sais aussi que pour certaines élites, en France, promptes à épouser les conformismes dominants, la francophonie serait dépassée, hors de la modernité. Quel contre-sens ! Je crois, moi, à la modernité de cet espace affinitaire dessiné par le partage d’une langue et la volonté de la défendre, de la promouvoir, dans le concert du monde. Je crois même que notre commune défense de la francophonie préfigure les combats de demain pour une « mondialité » (comme le dit si bien Edouard Glissant) riche de sa diversité linguistique et culturelle, respectueuse de toutes les identités.

Le français est, avec l’anglais, la seule langue parlée sur tous les continents : que de fenêtres ouvertes sur le monde ! La langue n’est pas qu’un vernis ou une marchandise, elle est ce qui porte et structure la pensée. Et au risque de vous surprendre, je vous dirais que la monoculture appauvrit la pensée comme elle appauvrit les sols. Et c’est pourquoi je crois qu’il y a un lien d’ailleurs très direct entre le combat culturel et le combat environnemental, c’est-à-dire entre la diversité culturelle et la biodiversité, toutes les deux étant en quelque sorte des sciences du vivant. Antonine Maillet raconte que, jusqu’à Rabelais, la langue française avait un lexique de 100 000 mots. Brutalement, avec Racine, on est tombé à 5 000 mots, où sont passée les autres ? Elle répond « au Québec et aux Antilles ». Et j’ajoute d’ailleurs en Afrique. Et Antonine Maillet a dit ceci merveilleusement, au fond ces mots qui sont partis ils sont aussi souvent revenus et ils ont « enluminé » la langue française.

Vous avez, vous, l’ardeur et la lucidité qui, parfois, font défaut chez ceux qui n’ont pas eu à défendre leur langue et leur culture. Vous avez, avant nous, pris des mesures dont, ensuite, nous nous sommes inspirés pour garantir à la radio des quotas de chansons en langue française, par exemple. Et nous partageons cette forte conviction que la culture ne peut se réduire à une marchandise comme les autres, pas plus que la langue, qu’elle justifie un soutien clairvoyant et tenace des pouvoirs publics si l’on ne veut pas du règne sans partage des produits standardisés et de la loi commerciale du plus fort. La vitalité culturelle québécoise et canadienne, et le talent reconnu à l’échelle internationale d’un grand nombre de vos artistes, les réussites de vos industries culturelles témoignent que cette approche est la bonne et que le volontarisme a des résultats et que le monde y gagne en talents qui ont pu éclore et trouver leurs publics.

Des talents comme celui de Robert Lepage, qui m’a conduit dans La Caserne, ou comme celui des nombreux artistes québécois que je rencontrerai ce soir. Et le talent des chercheurs, des scientifiques, des enseignants et des étudiants qui sont aujourd’hui devant moi.

C’est en 1986 que naît la francophonie institutionnelle avec le premier sommet tenu à Paris. Mais, ne l’oublions jamais, c’est la déclaration de Bamako qui fonde, en 2000, la dimension vraiment politique de la francophonie. C’est-à-dire le passage de la défense de la langue à la défense des cultures, à la défense des droits de l’homme, à la défense des solidarités, à celle du développement durable, à la lutte contre la pauvreté et à la lutte contre les écarts entre le Nord et le Sud, et tout se tient dans le combat pour la diversité, pour l’égalité et pour la fraternité.

Une nouvelle étape est à réussir ici en octobre 2008, lors du Sommet de la Francophonie, pour qu’il n’en sorte pas que des discours, mais qu’on y intègre bien les étapes anciennes et les nouvelles qui sont à franchir. C’est une échéance capitale. C’est un des rares endroits où il y a encore un dialogue Nord-Sud. Étape capitale pour développer, pour communiquer, pour inventer, et pour tout faire pour protéger la planète parce que c’est une condition de la paix. Et très rarement, même pratiquement pas, lors des précédents Sommets de la Francophonie, la question environnementale n’a pas été abordée et je pense qu’il est temps de le faire. Chacun en est responsable à son niveau – au niveau global, au niveau local – et moi je rejoins les deux préoccupations et c’est pourquoi aussi en tant que Présidente de la région Poitou-Charentes, j’ai signé hier, à Montmagny, des accords de partenariat sur les éco-industries. Et si chaque territoire fait cet effort, si chaque citoyen fait cet effort et se sent citoyen du monde, alors à ce moment-là, c’est le domaine de prédilection où les comportements individuels, les comportements collectifs, les responsabilités politiques, l’engagement des territoires, rejoint l’épopée à laquelle on nous appelle pour protéger la planète pour les générations futures.

On le voit bien, dans ce domaine, l’égalité démocratique, l’égalité sociale et l’égalité culturelle : ces trois fronts sont aujourd’hui indissociables. Car le paradoxe bien connu maintenant de la mondialisation, c’est qu’en abolissant les distances physiques et en généralisant la concurrence de tous contre tous dans un univers où tout se sait, où tout se voit, où tout se compare, c’est mondialisation révèle – au sens quasi-photographique – et parfois avive les distances et les différences culturelles. Comme l’analyse très bien Dominique Wolton, la société de l’information n’est pas nécessairement une société de communication, de compréhension et de respect mutuel. Il y a du chemin à faire pour que l’information soit synonyme de ces trois valeurs. La capacité à communiquer, c’est-à-dire à comprendre l’autre, donc la compréhension, le deuxième pilier et le troisième, le respect mutuel. Entre le rêve illusoire du village global et la désolation des confrontations et des incompréhensions, il y a place pour l’utopie concrète, celle que nous devons construire ensemble. L’utopie réaliste d’une pluralité juste et d’une solidarité vraie.

Dans ce contexte, une langue partagée sous toutes les latitudes, c’est une ressource extraordinairement positive. La solidarité linguistique francophone, j’en suis convaincu, est un facteur de réassurance dans un monde qui bouge de plus en plus vite et dans lequel les citoyens ont besoin de repères. Notre commune identité francophone n’est pas une identité refuge, n’est pas un repli, c’est une identité ouverte, rationnelle. C’est une affinité qui n’exclut pas. Tenir à sa langue, ce n’est pas s’opposer aux autres, c’est se respecter soi-même et, sachant ce que l’on veut pour soi, le vouloir également pour les autres. Défendre le français, ce n’est pas seulement l’affaire des pays où il est langue première ou officielle mais de tous ceux où on l’aime, où on le parle aux côtés d’autres langues car notre francophonie n’est pas ennemie du plurilinguisme mais au contraire attentive à tous les « passeports pour l’autre ».

Le XXème siècle s’apparente à un cimetière des langues : 6 000 langues ont disparu en un siècle. Beaucoup d’autres sont aujourd’hui menacées. Or une langue, comme l’a si bien dit François Cheng, écrivain français d’origine chinoise, ce n’est pas qu’un ensemble de mots et de règles de grammaire, c’est une manière de sentir, de percevoir, « de raisonner et de déraisonner et, finalement, d’être ».

Les langues portent des imaginaires et le monde a besoin de tous ses imaginaires. Youssou N’Dour, qui est venu récemment pour le Festival Musiques Métisses à Angoulème, a dit une fois que « la francophonie peut être comparée à une grande famille dont tous les membres ne se ressemblent pas vraiment ». C’est tellement vrai : la francophonie est multiple, multicolore, du nord au sud, de l’est et de l’ouest. Vivante mais pas uniforme, c’est sa force et c’est son message au reste du monde. Louise Beaudoin, qui s’est tant battue pour la francophonie, a souvent souligné cela.

Albert Camus disait : « j’ai une patrie, c’est la langue française ». Les milliers de professeurs qui l’enseignent de par le monde, insuffisamment nombreux, il faudrait les renforcer, en sont les passeurs et les militants sans lesquels aucune construction institutionnelle ne reposerait sur des bases solides. Ils en transmettent le goût, ils en ouvrent les portes, ils sont les fantassins de ce lien francophone que partagent aujourd’hui plus de 63 pays.

Il nous faut créer, et je souhaite, je le redis ici solennellement, que le sommet francophone d’octobre 2008 à Québec débouche sur des actions concrètes. Par exemple :
  une université francophone avec des antennes dans les grandes capitales de la francophonie, du nord au sud et d’est en ouest ;
  un Erasmus francophone qui faciliterait entre nos pays la circulation des étudiants ;
  que les grandes entreprises francophones mondialisées soient sensibilisées non seulement aux enjeux mais aux atouts compétitifs d’une francophonie assumée ;
  et enfin la définition d’un contrat politique commun, du nord au sud et d’est en ouest, pour protéger l’environnement et les cultures, c’est-à-dire l’avenir tout simplement du vivant.

Quelques raisons de ma venue au Québec

Je l’ai dit : le 400ème doit être l’occasion de forger un nouvel élan pour le siècle.

C’est pourquoi aussi j’ai voulu porter un regard sur ce qui est particulièrement réussi ici et j’ai voulu, et c’est la première fois qu’une délégation française aborde ce sujet, renforcer les liens sur l’économie sociale et solidaire. Et le Conseil Régional Poitou-Charentes, que je préside et dont je salue ici les élus, dans son schéma régional de développement économique reconnaît et donne sa place à l’économie sociale. La délégation qui vient au Québec est là aussi pour construire et pour renforcer des liens entre le Chantier de l’économie sociale et la Chambre d’économie sociale pour une coopération durable.

L’économie sociale et solidaire est au tournant de son histoire : elle est présente dans le monde, mais n’est pas suffisamment organisée, d’un pays à l’autre, d’un continent à l’autre.

Nos sociétés modernes veulent placer la démocratie au cœur des pratiques politiques, face à une économie dominante qui, si elle n’est pas maîtrisée, fonctionne sur un rapport de force qui impose aux êtres humains une organisation financière dont la seule finalité est l’argent et des consommations de plus en plus inégalement réparties et qui épuisent les ressources naturelles sans permettre l’accès aux biens publics que sont l’Éducation et la Santé.

Nous devons tout faire pour faire émerger cette nouvelle forme d’économie sociale et solidaire qui est à l’opposé des conflits pour l’appropriation individuelle des richesses. C’est un autre modèle qui cohabite bien évidemment dans l’économie de marché mais qui surtout à comme préoccupation une juste répartition de ces résultats et la défense de l’intérêt général. Cette économie sociale, qui puise ses racines sur la coopération, dans la mutualisation, comme le fait la société Desjardins que je visiterai demain. L’économie sociale est née en France il y a plus de 150 ans. Elle repose sur une organisation démocratique et solidaire, elle offre une alternative pour agir en économie autrement.

Elle n’oppose pas « l’efficacité économique » et le « social », car son objectif, c’est d’abord la satisfaction des attentes collectives du plus grand nombre et elle va de pair avec le développement du commerce équitable. Et je suis heureuse qu’avec ma délégation, nous puissions en rencontrant les organisations syndicales approfondir ce sujet.

Sur un autre plan, je voudrais vous dire ici, vous le savez, que je suis partisane d’une relation équilibrée entre l’Europe et les Etats-Unis, où l’amitié n’exclut pas la franchise, la liberté de jugement et, le cas échéant, les désaccords. Le Canada anglophone et le Québec ont l’expérience d’un voisinage au long cours sans inféodation. C’est là un sujet sur lequel les échanges entre nous me paraissent extrêmement fructueux.

La vision de votre Premier Ministre, Monsieur Jean Charest, que je rencontrais hier, pour que se nouent des accords entre l’Europe et le Canada, je la partage pleinement. Cela fait partie d’une stratégie cohérente avec la nécessaire organisation multipolaire du monde. Nous avons les mêmes défis à relever pour ouvrir nos pays sur le siècle qui vient. Nous devons intensifier tous les modes de création, d’imagination, intensifier la recherche, la capacité des esprits formés depuis l’enfance pour nous donner enfin le moyen de maîtriser les secrets de la matière dont nous nous servirons pour élever la condition de l’homme. Nous avons besoin de moderniser nos appareils productifs, à rendre nos économies plus compétitives, tout en assurant le progrès social de chaque salarié et de chaque travailleur. Nous avons un puissant intérêt à développer davantage nos échanges. Sans doute, c’est évident, l’orientation principale et naturelle de ces échanges se fait-elle, pour le Canada, d’avantage vers les Etats-Unis d’Amérique, et, pour nous-mêmes, vers nos voisins de la Communauté Européenne ; mais partant d’un niveau justement modeste, nous pouvons faire, entre nous, beaucoup plus et beaucoup mieux et, en particulier, grâce aux coopérations décentralisées que j’évoquais tout à l’heure. À l’échange entre les entreprises, à l’échange entre les jeunes et aux coopérations de le domaine de la recherche, des savoirs et de l’économie de l’intelligence. Nous devons nous unir pour tracer des perspectives d’avenir dans ce monde multipolaires.

En particulier d’ailleurs au moment où les organismes de ce qu’on appelle, parfois un peu abusivement, en se payant avec des mots, « la gouvernance mondiale » – parce qu’elle n’est pas vraiment là cette gouvernance mondiale – elle reste totalement à construire, donc tous ces organismes qui peinent à trouver un second souffle, à s’ouvrir aux préoccupations du sud et aux puissances émergentes, à un moment où ils doivent trouver une légitimité et une efficacité en phase avec le monde d’aujourd’hui, ses attentes, ses rapports de forces et ses risques inédits.

Dans ce domaine, j’y reviens, parce que le sujet est crucial, dans la lutte contre le réchauffement climatique, dans cette lutte, le monde a besoin du Canada, directement touché par la fonte de la banquise et engagé dans la « bataille de l’Arctique » qui s’annonce. Je sais que le Canada et la France n’ont pas encore fait le même choix face au protocole de Kyoto mais, depuis, la prise de conscience écologique s’est partout renforcée et je sais que nous allons tous aller de l’avant. Pour moi qui attache une importance prioritaire à l’excellence et à la sécurité environnementales, ce voyage au Québec est aussi une occasion d’évoquer ces questions et de voir, sur place, des réalisations éco-industrielles exemplaires et de rencontrer, tout à l’heure, les associations de défense de l’environnement.

Enfin, et ça n’est pas le moins important, les questions aujourd’hui en débat au Québec autour de ce qu’on y appelle « les accommodements raisonnables » me paraissent essentielles. Elles interpellent chacun à l’échelle de toutes les nations. Comment assumer la pluralité des origines pour fortifier l’appartenance commune ? Comment lutter efficacement contre les discriminations ? Quels droits et quels devoirs pour les individus et les groupes ? Quelle laïcité ? Comment construire une histoire partagée, quel respect pour les religions, bref, quelle histoire accueillante à toutes les mémoires et toutes les trajectoires, qui soit un point d’appui pour se projeter ensemble vers l’avenir et qui nous unit plutôt que de nous diviser ?

Ce sont des questions fondamentales que se posent aujourd’hui toutes les nations, toutes les sociétés. Et les vagues migratoires, notamment celles qui sont issus de la pauvreté, trouveront aussi leur solution grâce à un développement plus équitable entre le Nord et le Sud, mais la soif croissante de reconnaissance des individus et les effets de la mondialisation nous poussent à réfléchir et à actualiser les valeurs communes et les règles de vie.

L’expérience ici est particulièrement intéressante, car elle est à la fois une réussite pour être reconnue dans un environnement différent, les reconnaissances sont là sans heurter le besoin d’unité et le respect des valeurs fondatrices comme l’égalité entre les hommes et les femmes. Nos approches et nos outils ne sont pas forcément les mêmes mais nos interrogations sont très voisines et je pense que les échanges sur nos expériences respectives peuvent être très fructueux.

J’ajoute que, convaincue que nous devons actualiser un « modèle social » français qui cherche à mieux tenir ses promesses dans le monde d’aujourd’hui, je suis curieuse de voir aussi comment, ici, on cherche aussi un nouvel équilibre entre le rôle de l’Etat et celui du marché, entre les adaptations nécessaires et les protections solidaires, auxquelles vous êtes fortement arrimées, comme l’accès à l’éducation et à la santé et sur lesquelles il ne faut pas en rabattre. A cet égard, j’attends beaucoup de la rencontre de demain avec le Conseil consultatif du travail et de la main d’œuvre, et la présentation du Fonds de solidarité des travailleurs.

Il me semble en effet que nous avons en commun une culture qui refuse l’effacement de la puissance publique et qui croit au pouvoir de la volonté politique pour corriger le désordre des choses en appui sur l’écoute des citoyens et sur la Démocratie participative. C’est, par exemple ici, comme je l’ai dit tout à l’heure, qu’ont été le plus efficacement défendues, les identités culturelles, à la radio et à la télévision où il reste beaucoup à faire. Je crois aussi que ces mesures de protection et de promotion ont favorisé l’éclosion des talents et n’est pas étrangère au vif succès des artistes sur la scène internationale. Mais je vois que dans tous les domaines que nous venons d’évoquer, il y a une convergence un volontarisme, pour agir, et un pragmatisme, c’est-à-dire le souci des résultats, dont la tradition française est peut-être moins familière, mais qui est pourtant, à mes yeux, une condition de l’efficacité des politiques publiques.

En matière de sécurité, par exemple, de prévention de la délinquance et de la récidive, et en particulier de la criminalité sexuelle, il y a aussi ici des expériences et des résultats, comme celles menées par l’Institut Robert Giffard que j’ai visité hier, qui font la preuve de leur efficacité car elles ont les moyens de leurs objectifs et se gardent de ce populisme pénal qui, jamais, n’obtient les résultats promis. Et la France serait bien inspirée d’installer des instituts Giffard auprès de tous les centres pénitentiaires.

Dynamisation économique, protection contre les dérives de la financiarisation, création d’emplois : sur tous ces sujets aussi, je suis très intéressée par vos démarches et vos réalisations.

Comme vous le voyez, l’amitié enracinée dans l’histoire, la curiosité personnelle, le travail de toute mon équipe ici rassemblée, les combats partagés et les questionnements communs sont à l’origine d’un voyage dont j’avais depuis longtemps le projet et dont je prends aujourd’hui le temps avec grand plaisir.

Et en plus je vais vous faire une confidence : je crois que c’est en ouvrant toutes grandes ses portes et ses fenêtres sur l’expérience et l’intelligence des autres, de vous, que la gauche française renouera avec son temps et formulera, à sa manière, une proposition politique en phase avec les attentes actuelles des Français et en prise avec les mutations de notre monde.

C’est pourquoi je me déplace voir ceux qui m’invitent à le faire, comme ici. J’observe. J’écoute. Je continue à m’instruire. Je regarde ce qui marche et j’en tire des leçons pour la France. Et je réalise concrètement des projets très concrets de création d’emploi, comme je l’ai fait en signant un certain nombre de conventions avec des entreprises d’ici.

Finissons avec cette belle phrase de Gilles Vigneault : « La francophonie c’est un vaste pays sans frontières ». J’ajouterais aussi comme disait Boutros Boutros Ghali « elle est née d’un désir ressenti hors de France ». Je reviens à Gilles Vigneault : « La francophonie, c’est un vaste pays sans frontière, c’est le pays de l’intérieur, c’est le pays de l’invisible, spirituel, mental, moral, qui est en chacun de nous ».

Merci aujourd’hui de me l’avoir fait partager avec autant d’intensité.

Ségolène Royal au CÉRIUM
Université de Montréal

Par Désir d’avenir Montréal - Publié dans : A Montréal - Communauté : Soutiens à Ségolène Royal
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