Et Maintenant

  sego6mai.jpg On va travailler, rénover, refonder, préparer les prochaines échéances.
Dans chaque épreuve, dans chaque échéance politique, il faut en tirer les leçons et puis toujours regarder vers l'avenir.

Il faut rester unis, il faut prendre le temps de faire l'évaluation des choses.

Moi, je suis heureuse d'avoir donné un message d'espoir. Je sais qu'il y a beaucoup de gens déçus et tristes, je ne veux pas qu'il le soient, donc je prends ma force intérieure pour continuer à leur communiquer de l'énergie"





Mardi 21 juin 2005 2 21 /06 /Juin /2005 14:01
Le Poitou-Charentes et sa présidente, Ségolène Royal, débarquent en ville. Et ce n’est pas seulement pour y découvrir le Vieux-Québec, mais bien pour officialiser les relations économiques de sa région avec celles de Québec et de Chaudière-Appalaches. À cet effet, Mme Royal signera des ententes de coopération, aujourd’hui, à Montmagny après avoir visité les Maisons Laprise.

Depuis trois ans, le Poitou-Charentes et Chaudière-Appalaches élaborent des projets communs dans différents domaines comme la biomasse, l’éolien, l’oléochimie et les écoindustries. Les Poitevins sont notamment intéressés par notre utilisation du bois dans les structures des maisons québécoises, une pratique exotique sur leur territoire. Les échanges sont divers, les relations d’affaires se sont intensifiées au fil des années.

« Par quatre fois, nous nous sommes visités en compagnie de délégations », indique Martin Vaillancourt, conseiller à la Conférence des élus de Chaudière-Appalaches.

Ainsi, plusieurs entreprises se sont impliquées dans l’aventure comme la française Valagro et la québécoise Oléotek, deux centres de recherche qui valorisent les agroressources. D’ailleurs, l’environnement demeure un point central de cette collaboration entre les deux régions, comme l’a souligné Mme Royal en point de presse, hier.

« Je pense que la France est en retard sur le Québec (concernant l’environnement) », a-t-elle souligné.

Chez PÔLE Québec Chaudière-Appalaches, des liens se sont également tissés avec la région de l’Atlantique français.

« Nous avons participé à Futurallia de Poitiers cette année. Il y avait pas moins de 800 PME et 1200 personnes », a indiqué Paul-Arthur Huot, président de l’organisme à vocation économique.

L’année prochaine, les entrepreneurs français feront le trajet vers Québec, où sera présenté ce speed dating entreprenarial.

Depuis 2004, les régions françaises et québécoises peuvent mettre de l’avant différents projets communs grâce à la création d’un Fonds pour la coopération décentralisée. En bref, cela permet l’émergence d’initiatives locales. Depuis, différentes régions ont été jumelées comme le Poitou-Charentes et Chaudière-Appalaches.


Olivier Bourque 
Le Soleil 
Québec

Par Désir d’avenir Montréal - Publié dans : Ségolène Royal à l'étranger - Communauté : Soutiens à Ségolène Royal
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Mercredi 8 juin 2005 3 08 /06 /Juin /2005 16:53

Nicolas Sarkozy n’a pas gagné par hasard, ni même par défaut. S’il faut tirer sans complaisance les leçons de notre défaite, nous devons également nous pencher sur les raisons de sa victoire. Car, ne nous en déplaise, Nicolas Sarkozy a bien réussi sa campagne, il a atteint ses objectifs. Il s’y préparait depuis cinq ans, et avait choisi son modèle : la machine de propagande montée par Karl Rove pour George W. Bush.

En effet, ce qui est frappant en rétrospective, c’est l’efficacité de la communication de Nicolas Sarkozy. Vu des Etats-Unis, la ressemblance avec la méthode Bush est indéniable.
Les Démocrates américains ont perdu les élections (présidentielles ou parlementaires) en 2000, 2002 et 2004. En 2006, ce sont les Républicains qui ont perdu, et non pas les Démocrates qui ont gagné, car la réalité de l’incompétence de l’administration Bush (la gestion des conséquences de l’ouragan Katrina, la persistance des échecs en Irak) était devenue trop difficile à maquiller.
Ces dernières années, c’est donc bien l’efficacité de la machine de communication de Bush qui a largement déterminé le résultat des élections nationales.

En 2000, face à un Al Gore peu sûr de sa stratégie (comment se réclamer des réussites économiques de l’Administration Clinton sans s’associer au scandale « Monica »?), l’équipe Bush peut le ringardiser avec une remarquable efficacité. Au final, Al Gore se retrouve dépossédé de la présidence à cause de la débâcle de l’élection en Floride, alors qu’il avait les moyens de gagner sans équivoque.
A cette époque, les slogans se mettent en place, promettant ce que beaucoup ont envie d’entendre, mais cachant en fait des politiques contraires : le conservatisme compassionnel, la loi « No Child Left Behind » (aucun enfant laissé sur le bord de la route), les programmes « Clear Skies Initiative » (Initiative Cieux Propres)  ou « Healthy Forests Initiative » (Initiative Forêts Saines) négociés avec les lobbies des industries qui combattent le protocole de Kyoto.
Les Républicains soignent également leur base évangéliste et isolationniste, en polémiquant sur des sujets complètement démagogiques : les immigrés illégaux venus d’Amérique Latine, le mariage homosexuel, les cellules souches, la théorie de l’évolution darwiniste contre le design intelligent, l’avortement tardif (généralement autorisé pour raisons médicales). En pratique, pour assurer une forte participation électorale de leur base conservatrice, les Républicains organisent des référendums sur l’interdiction du mariage homosexuel et sur l’avortement dans de nombreux Etats le jour des élections fédérales (présidentielles et parlementaires).
On peut d’ailleurs noter la créativité sans vergogne des Républicains pour trouver des slogans qui frappent l’imagination : l’avortement tardif est rebaptisé avortement par naissance partielle (Partial Birth Abortion), l’impôt sur les successions est surnommé l’impôt sur la mort (Death Tax)… Ces slogans sont repris par les médias, ce qui permet de les imposer  comme des termes usuels et véhiculer ainsi une forte connotation négative et émotionnelle sur des enjeux électoraux.
La machine Bush, avec à sa tête Karl Rove, pilonne également ses opposants Démocrates sur leurs faiblesses supposées dans le contexte post 11 septembre : la Défense nationale, la lutte contre le terrorisme, le manque de courage pour un leadership fort (comprendre la préférence pour le multi-nationalisme et le compromis diplomatique plutôt que l’utilisation de la force brute de la puissance américaine).  Cette propagande est d’autant plus efficace qu’elle est couplée à une politique de la peur. En périodes électorales, Bush et son staff prédisaient des attaques sous forme de « champignons nucléaires » dans les villes américaines en cas de victoire des Démocrates, carrément comparée à une victoire des terroristes sur le patriotisme américain. Pour entretenir ce climat anxiogène, l’administration Bush joue avec les niveaux d’alerte jaune/orange/rouge qui montent systématiquement avant toute échéance électorale ou date importante.
L’équipe Bush devient également maîtresse dans l’art de baisser la barre des attentes de la population. De 2000 à 2004, elle arrive à maquiller ses échecs, et même à les faire passer pour des réussites : on explique aux Américains que leur président fait un travail extraordinaire dans une situation impossible. La guerre en Irak et la lutte contre le terrorisme en sont les exemples les plus évidents.
Par ailleurs, Bush prend soin d’entretenir son image de président qui aime les choses simples, le barbecue et la pêche. Un type sympa, dévoué à sa famille, son pays et sa foi. Avec un brio extraordinaire, il parvient même à être vu par ses concitoyens comme un cow-boy texan alors qu’il est bien le fils de son père, le premier président Bush, c’est-à-dire un pur produit de la nouvelle Angleterre.

Ce succès de communication est assuré par une série de messages qui sont fabriqués par des spécialistes du marketing politique pour être ensuite relayés de manière concertée et avec discipline. Comme une entreprise vend ses produits, l’administration Bush vend sa politique en faisant passer aux médias une information simple et positive : « le message du jour ». Impossible pour les Américains de ne pas entendre ce que la Maison Blanche veut leur faire savoir. Ils entendent et lisent les mêmes mots, les mêmes slogans, que ce soit à la télévision, dans les journaux, sur Internet. Tout est répété par les politiques Républicains, mais aussi par des analystes et des journalistes. Résultat, lorsque l’opinion s’interroge sur un thème politique, elle le fait avec les mots soigneusement choisis par la Maison Blanche.
Surtout en période électorale, les messages de l’équipe Bush sont aussi préparés en fonction d’un principe tactique cher à Karl Rove : la population américaine est divisée selon une matrice qui en couvre les différents segments, et des messages ciblés sont systématiquement utilisés en fonction de l’audience.  Les attentes du vote Républicain ont été soigneusement identifiées à l’aide d’études statistiques. L’objectif est de savoir quel message véhiculer pour augmenter le nombre de votants Républicains dans chaque tranche de l’électorat américain et aussi quel média utiliser pour maximiser sa diffusion. Un exemple, en suivant cette méthode, les stratèges Républicains savent à quels sujets électoraux les agriculteurs Républicains du Middle-west sont sensibles. Ainsi ils peuvent élaborer un discours propre à augmenter leur nombre et utilisent des medias qui ont leur écoute.  

De fait, en 2004, quand Kerry émerge des primaires présidentielles démocrates, il est déjà trop tard pour contrer la machine de propagande de Bush. Les Américains ont été persuadés que les Démocrates ne peuvent pas mieux faire en Irak ou dans la lutte contre le terrorisme que l’administration sortante, et ce handicap ne sera pas surmonté. En maître de la propagande, Karl Rove arrive même à dépeindre Kerry, pourtant un héros reconnu de la guerre du Viêtnam, comme un lâche qui ne respecte pas les troupes de l’armée américaine. L’attaque est tellement énorme et odieuse que Kerry préfère répondre par un silence dédaigneux. Grave erreur. La calomnie lui collera à la peau jusqu’au bout. La préférence de Kerry pour des positions prenant en compte la complexité du monde est également exploitée comme un manque de clarté, voire un manque de colonne vertébrale.

Revenons en France. Si le contexte politique et les sujets prioritaires ou polémiques sont souvent très différents de ce que l’on peut voir aux Etats-Unis, Nicolas Sarkozy a semble-t-il bien compris comment les méthodes de communication de l’administration Bush peuvent lui servir.
Depuis cinq ans, il s’est appliqué à se différencier des gouvernements dont il était pourtant le numéro 2. Au démarrage de la campagne présidentielle, les Français avaient déjà bien assimilé que le Sarkozysme, ça n’a rien à voir avec le Chiraquisme. Nicolas Sarkozy pouvait donc sans problème incarner le changement, et même une forme d’alternance.
Il martèle ses thèmes, construit son image de politicien actif et pragmatique, à la recherche de résultats et au parler franc, un type proche des gens.
Il met ses troupes en ordre de marche, et pendant trois ans prépare sa campagne depuis la présidence de l’UMP. Il teste ses thèmes, définit sa stratégie pour récupérer les voix du FN tout en maintenant la discipline de la droite républicaine. Lui aussi découpe la population française en catégories bien identifiées, et calibre ses messages en conséquence.
 Il impose ses slogans : travailler plus pour gagner plus, la France qui se lève tôt, non à l’assistanat, la lutte contre les délinquants multirécidivistes, le bouclier fiscal, la suppression des droits de succession, l’immigration choisie et l’identité nationale…
Au final, pendant la présidentielle, Sarkozy n’a même pas besoin de dérouler les détails de son programme. Il se paie même le luxe de faire campagne sans jamais publier nulle part la totalité de son projet. Il fait du clientélisme et promet tout et son contraire sans paraître incohérent. Au-delà de la bienveillance des médias à son égard, Sarkozy peut réussir ce pari parce qu’il a préparé l’électorat français à son discours depuis plusieurs années. Quelques slogans suffisent pour que les Français  pensent savoir à qui ils ont affaire et aussi ce que sera sa politique s’il est élu. Nul besoin de lui demander d’expliquer son programme dans le détail.  La cohérence de son projet, c’est lui, et tout le monde croit le connaître.

En face, le PS reste empêtré dans une rénovation toujours annoncée mais jamais accomplie, dans les raccommodages d’après referendum. Le PS donne l’image d’un parti à la recherche de son sauveur et de sa ligne politique.
Sarkozy n’en perd pas une miette et participe largement à populariser l’idée que le PS reste un parti archaïque et tumultueux, sans projet. Comme Bush, il a compris qu’il faut mettre en avant tous les déboires de ses adversaires, mais également leurs supposées faiblesses : les socialistes sont dangereusement dépensiers et creusent le déficit, ils ne comprennent rien à l’économie. Ils sont partisans de l’assistanat (comprendre de l’aide aux paresseux) et adversaires du mérite. Ils sont accrochés à leurs vieilles méthodes et préfèrent le statu quo au changement. Ils sont laxistes sur la délinquance comme sur l’immigration, etc.
Parallèlement, Sarkozy entretient les peurs, surtout celle de la délinquance, bien ancrée dans l’opinion, en traitant les jeunes des banlieues de racaille. Il se pose en premier flic de France qui met de l’ordre au Karcher. Il parviendra pourtant à ne pas être tenu comptable des émeutes de novembre 2005, et pour soigner son passage au Ministère de l’intérieur, il empêche la diffusion de rapports officiels sur l’état de l’insécurité dans certains quartiers. Pendant la campagne, il ose même se déclarer président des honnêtes gens, et accuse la gauche d’être du côté des fraudeurs.

Lorsque Ségolène Royal émerge des primaires, la rénovation ­- tardive du fait de notre calendrier - qu’elle lance en même temps que la campagne n’a pas la clarté des slogans Sarkozystes auxquels les Français sont déjà largement familiers. A quelques mois et semaines des élections, nous en sommes encore à lancer de nouvelles propositions alors que Sarkozy martèle les siennes depuis des mois.
La machine de propagande de l’UMP profite du fait que Ségolène Royal est une présidentiable de fraîche date ainsi que de nos querelles internes. Avec l’aide plus ou moins ouverte des médias, elle alimente un procès en incompétence contre  notre candidate. Ce mauvais procès avait commencé pendant les primaires socialistes et aura duré jusqu’à la fin de la campagne. Avec intelligence et malice, Sarkozy charge les femmes de l’UMP de porter les attaques les plus misogynes.
La machine UMP est également bien contrôlée, personne ne parle de travers, tout le monde suit la ligne fixée par le chef, tout le monde récite les mêmes slogans.
Comme Bush, Nicolas Sarkozy manipule les attentes des gens en baissant la barre pour le débat présidentiel. Il réussit à en émerger comme le vainqueur simplement parce qu’il accomplit l’exploit de ne pas s’énerver !
Bref, question communication, Sarkozy ne néglige rien. Et cela lui donnera un énorme avantage tout au long de cette campagne. Les Démocrates américains ne s’y sont pas trompés, eux qui sont venus voir comment fonctionnait la campagne Sarkozy. Ils n’ont pas songé à nous rendre visite.

Une fois élu, on voit que la méthode continue de bien fonctionner : tout est dans l’affichage.
Malgré le dérapage incontrôlé de sa communication au sujet du yacht Bolloré (un moment d’inattention dû a l’euphorie de la victoire sans doute), il fait la démonstration une fois encore de ses talents.
La journée de son investiture est un morceau d’anthologie, avec une mise en scène impeccable.
L’ouverture à gauche est également un coup de maître pour tuer le MoDem dans l’œuf et déboussoler le PS pour les législatives. Pourtant il s’agit indubitablement d’affichage, et pas d’ouverture politique véritable correspondant à une vision cohérente. Comment sinon expliquer qu’il ait pu proposer le Quai d’Orsay à Védrine pour ensuite le proposer à Kouchner ? On ne pouvait pas trouver deux socialistes plus différents en matière de politique étrangère.
Cette méthode rappelle celle de G. Bush qui en 2001 nomme Norman Mineta, un démocrate ministre du commerce du gouvernement sortant de Bill Clinton, comme ministre des transports. Cet homme, premier américain d’origine asiatique a être nommé ministre dans un gouvernement fédéral, un homme qui a connu enfant les camps d’internement pour les Américains d’origine japonaise durant la deuxième guerre mondiale, devait symboliser l’ouverture et la diversité du gouvernement Bush. Il restera ministre jusqu’en 2006, sans jamais se désolidariser des politiques liberticides et conservatrices du gouvernement.

Le rapport entre les équipes politiques et les médias conservateurs est également comparable chez Bush et Sarkozy. Quand un commentateur vedette de la chaîne de télévision conservatrice Fox News devient le porte-parole de la Maison Blanche, et des politiciens conservateurs se reconvertissent dans le journalisme, il ne s’agit que de quelques exemples parmi tant d’autres. Un chassé-croisé semblable est désormais constaté entre les équipes de campagne de Nicolas Sarkozy et des télévisions et journaux français.

A cela on peut ajouter les messages plus subliminaux mais bien repris par la presse, qui servent à construire la légende Sarkozy : la comparaison avec la famille Kennedy, le président actif qui fait du jogging avec son Premier ministre…

Par cette lettre ouverte à tous nos camarades socialistes, nous voulons dire au PS qu’il est temps de professionnaliser notre communication. Nous ne pouvons pas laisser la machine de propagande Sarkozy tourner à plein régime pendant cinq ans. Il ne faudra rien laisser passer : pas une conférence de presse présidentielle sans réponse du PS, pas d’action du gouvernement sans proposition du PS pour améliorer ou contrer. Pas une critique lancée par l’UMP contre le PS ou un de ses dirigeants laissée sans réplique. Notre communication doit devenir audible, soigneusement préparée, cohérente. Sinon, la nécessaire et indispensable rénovation ne suffira pas, et nous partirons de nouveau en campagne en 2012 avec un gros handicap.

NB: Cette lettre ouverte est une initiative personnelle de trois militants de la section de NY et ne represente pas le point de vue officiel de la section NY.

Par Par Corinne Narassiguin, Christophe Monier, Franck Millan (Section de New York) - Publié dans : Débat
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Lundi 16 mai 2005 1 16 /05 /Mai /2005 13:27

Je dirai simplement quelques mots pour dire aussi que tous ces applaudissements sont destinés aussi à tous les militants, les citoyens qui se sont formidablement mobilisés au cours de cette belle campagne.

Vous dire aussi la fierté d’avoir conduit cette campagne, désignée par 60 % des militants socialistes, je voudrais souligner la très forte mobilisation dans les fédérations, la mobilisation des militants, bien sûr, mais aussi celles des partis alliés qui nous ont rejoints, qui nous ont soutenus dans cette campagne, tous les élus qui ont également été en première ligne de ce combat. Nous avons vu des salles pleines à craquer, des citoyens enthousiastes, des citoyens mobilisés, et aujourd’hui c’est une force qui s’est levée, même si le combat ne s’est pas terminé comme nous l’aurions souhaité. C’est une force qui s’est levée de 17 millions de voix.

Et je pense, je le vois, vous le voyez aussi sur vos territoires, ce vote contient des perspectives d’avenir, ce vote contient un élan. On sent, à la fois bien sûr une tristesse, et j’y reviendrai, même parfois plus, et en particulier dans les quartiers populaires, mais on sent également une fierté très forte et une volonté de continuer. Il n’y a pas d’abattement, il y a une fierté dans ce qui a été réalisé, dans ce qui a été dit, dans ce qui a été porté au cours de cette campagne, dans ce qui a été réalisé, à l’exemple de ces images de meetings extraordinaires, dans ces images de Charléty par exemple, mais aussi partout dans les régions dans lesquelles vous êtes et dans lesquelles vous êtes mobilisés.

Moi, je veux aujourd’hui surtout retenir cette fierté-là parce que c’est sur ce socle-là que nous allons pouvoir construire le mouvement des élections législatives. Les valeurs fondamentales étaient là, les problèmes étaient bien identifiés, la question de la vie chère et des bas salaires, la question du chômage et des délocalisations, notamment le chômage des jeunes, la question de la précarité qui était au centre de notre campagne, les questions aussi liées à la sécurité, aux sécurités au sens large, avec le besoin que ressentent les Français d’avoir une clarification des règles du jeu, ce que j’ai appelé l’ordre juste. La question du refus de l’assistanat pour les tout petit salariés, pour les travailleurs pauvres. Et, cette question aussi, nous devons continuer à y travailler, les peurs aussi, les peurs des délocalisations, les peurs des personnes âgées face au déficit de tous les régimes de retraite et de santé. Bref, les questions sont là, les questions aussi que nous avons abordées sur la République, sur la nation, sur l’identité. Nous l’avions fait il y a déjà deux ans, donc ces questions-là qui ont parfois été recaptées, raptées parfois par la droite en étant déformées, nous devons continuer à y travailler et à les clarifier.

Je pense aussi à la question de la valeur travail, dont j’ai été une des premières à la mettre en avant dans ce débat. Tous ces sujets continuent à tarauder les Français, ils vont donc à nouveau émerger au cours de la campagne des élections législatives. Et tout ce travail qui a été accompli par le Parti socialiste, par le mouvement aussi de rassemblement au cours des échéances de la campagne présidentielle devra rapidement déboucher et être clarifié. Et c’est le rôle aussi de ce Conseil national et des présentations qui seront faites tout à l’heure.

Je voudrais ici dire très simplement que j’entends ici ou là des interprétations de la défaite, certaines justes, bien sûr, d’autres dérisoires, et d’autres inutilement blessantes, mais je crois qu’aujourd’hui le temps n’est pas aux polémiques. Je dirai pour ma part ce que j’en pense après les élections législatives. Car je crois que, d’ici là, nous devons rester unis et nous avons entre les mains ce talisman que j’évoquais tout à l’heure de la fierté et de la volonté de 17 millions d’électeurs qui attendent de nous que nous redéclenchions, pour les élections législatives, un mouvement d’unité, de fraternité, de solidarité, un élan qui nous permettra d’envoyer à l’Assemblée nationale le plus grand nombre possible de parlementaires ; parce que c’est le fonctionnement de la démocratie qui est en jeu, c’est l’émergence d’un contrepouvoir par rapport à une droite dure qui a fait la jonction avec l’extrême droite, donc il y a une attente extrêmement forte à notre égard. Et, pour ma part, ce que je crois, c’est que nous devons mobiliser les énergies positives qui ont émergé au cours de cette campagne, et nous devons les transformer positivement au cours de cet élan des élections législatives. La campagne sera conduite par le Premier secrétaire. J’y prendrai bien évidemment toute ma place en tant que candidate à l’élection présidentielle, je suis disponible pour venir faire des réunions sur le territoire, d’autant plus que je ne suis pas candidate. Je ne sais pas candidate parce que je m’applique à moi-même une des règles du pacte présidentiel du non-cumul des mandats, mais je conçois que cette règle ne soit pas suivie par tous puisque la loi ne l’impose pas aujourd’hui, donc je ne l’impose pas comme modèle, mais il me semble élémentaire, par rapport à ce que j’ai dit en tant que candidate à l’élection présidentielle, et portant une rénovation sur ce que nous avons appelé ensemble la république nouvelle, la VIe République, la modification des formes de l’exercice de la politique et en particulier la réforme des institutions au sein de laquelle nous avions inscrit ensemble, dans le projet socialiste, le non-cumul des mandats, il me semble que la politique par la preuve, qui m’est chère, est que le non-écart entre le discours et les actes soit appliqué.

Pour la suite, je ne sais pas si, ce qui compte, c’est de savoir s’il faut être plus ou moins à gauche. Il Vaut mieux être à gauche de toute façon, mais je crois que la question, et je pense qu’il ne faudrait pas qu’il y ait des conflits, de débats inutiles sur cette question-là, qui pourraient entraîner des difficultés ou freiner le mouvement positif, essentiel, indispensable, pour gagner le plus grand nombre de circonscriptions.

Je crois que la question, pour nous socialistes, c’est d’être vrais et de réaliser, d’incarner le socialisme du réel, c’est ensuite d’être cohérents, et j’allais dire disciplinés, même si ce n’est pas un mot fréquemment utilisé parmi les socialistes. Et je pense que pour l’avenir, sans anticiper les échéances, il est clair qu’il faudra réformer notre calendrier. D’abord, que le projet pour l’élection présidentielle ne soit pas fait avant, mais après la désignation de notre candidat ou de notre candidate pour qu’il y ait une cohérence. Ensuite, il faudra que le processus de désignation interne ne soit pas situé aussi près du combat principal et ne pas laisser un certain nombre de séquelles ou d’utilisations du combat interne utilisées par la droite. Mais nous aurons l’occasion d’en reparler, et d’en reparler sereinement, y compris dans la part que j’ai prise dans ce résultat qui n’est pas à la hauteur de ce que nous espérions. L’heure est maintenant à la mobilisation. Et je voudrais simplement souligner aussi un autre élément de fierté : nous avons reconquis le vote populaire, et notamment le vote ouvrier, 54 %. Nous avons fait venir vers la citoyenneté des jeunes, des jeunes très nombreux qui sont venus s’inscrire et qui ont voté pour nous, et notamment les jeunes des quartiers. Il y a des résultats qui sont sans appel, sans commentaire : Vaulx-en-Velin : 63 %, La Paillade : 65 %, Le Mirail à Toulouse : 70 %, les quartiers Nord de Marseille : 70 %, Aubervilliers : 61 %, Saint-Denis : 67 %, Trappes : 70 %, Bobigny : 66 %. Merci à ces jeunes, à leur élan citoyen, et nous savons aussi leur déception, leur désarroi, leur profonde tristesse.

Je pense que l’une de nos responsabilités, pour que ces jeunes continuent à venir voter, et continuent à s’inscrire dans cet élan citoyen, notre responsabilité, c’est de leur offrir des perspectives, c’est sans doute de repenser les formes de militantisme dans les quartiers, c’est d’y conduire avec eux, et non pas à leur place, des actions concrètes. Et nous pouvons le faire avec les collectivités territoriales, je pense en particulier aux emplois tremplins, je pense à toutes les formes de soutien, de solidarité, d’aide scolaire que nous devons aujourd’hui relayer et mettre en place, et prolonger par rapport à ce que nous avons dit dans le pacte présidentiel au niveau des Régions, des Départements, des communes. Je vois ici ou là déjà des élus qui se mobilisent et qui se demandent comment nous allons répondre à cette immense attente de citoyenneté et d’engagement des jeunes dans les quartiers, qui nous ont fait confiance et qui constituent une partie, non pas un problème comme de l’ai dit souvent dans cette campagne, mais une grande partie de la solution aux problèmes qui se posent aujourd’hui en France, et en particulier au regard de la consolidation du pacte républicain.

Et donc cette mobilisation-là, je crois que c’est le cœur de notre réflexion. Les catégories précaires, les milieux populaires, mais aussi les classes moyennes, qui attendent de nous que nous restions debout, que nous restions fiers, que nous restions imaginatifs, que nous restions forts sur nos valeurs qui finiront par l’emporter.

Merci de votre engagement.

Par Désir d’avenir Montréal - Publié dans : Rénovation en marche
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