Jeudi 22 septembre 2005
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Lors de sa visite à Montréal, la socialiste française Ségolène Royal a dit souhaiter profiter du prochain Sommet de la francophonie qui aura lieu à Québec en octobre 2008 pour exercer «avec
le Québec et les pays pauvres» des pressions sur Ottawa afin que le Canada ratifie le protocole de Kyoto.
Mme Royal, qui a quitté le Québec hier soir après la visite de cinq jours de sa délégation de la région Poitou-Charentes, a participé mercredi à une réunion avec Greenpeace, Équiterre,
Environnement jeunesse et le Regroupement des conseils régionaux de l'environnement du Québec.
Au début de cette rencontre à laquelle participait La Presse, Ségolène Royal a voulu connaître les raisons pour lesquelles le Canada n'avait toujours pas ratifié le protocole de Kyoto,
malgré l'opinion publique canadienne favorable à la protection de l'environnement.
Steven Guilbeault, nouveau porte-parole d'Équiterre en matière de changements climatiques, a parlé des impacts de ces changements sur l'érosion des berges et a expliqué l'approche du Québec par
rapport à celle du gouvernement fédéral sur la question environnementale. Il a rappelé que le premier ministre Stephen Harper avait dit en 2002 que «Kyoto est essentiellement un complot
socialiste qui vise à soutirer des fonds aux pays les plus riches».
«Il y a du chemin à faire», a alors laissé tomber Mme Royal, candidate battue par Nicolas Sarkozy lors du second tour des élections présidentielles françaises en mai dernier.
Même si elle n'a pas de mandat électif en France (elle n'est plus députée), Ségolène Royal a un certain poids politique au niveau international grâce à sa fonction de présidente du conseil
régional de Poitou-Charentes, une région de l'ouest de la France très tournée vers l'extérieur.
La région Poitou-Charentes est impliquée dans les célébrations du 400e anniversaire de Québec, à cause notamment que Samuel de Champlain, fondateur de la Vieille Capitale, en est originaire.
Comme le 400e sera l'occasion de planifier une partie de la programmation du XIIe Sommet de la francophonie, Mme Royal pense à une stratégie pour profiter de ce sommet pour tenter de convaincre
le Canada de revenir dans l'esprit de Kyoto.
«Lors du 400e, on pourra pousser pour que cette question soit posée au Sommet, puisqu'on décidera durant le 400e des questions qui seront posées au Sommet», a-t-elle dit.
Elle a expliqué que le Poitou-Charentes pourrait s'associer au Québec et à d'autres membres de la francophonie, notamment des pays du sud, pour mettre le gouvernement fédéral au pied du mur.
«Avec la pression des pays pauvres, si la question de Kyoto était posée, ça pourrait faire bouger Ottawa, a-t-elle dit lors de la rencontre. Quand il y a tous les pays pauvres avec vous, c'est
difficile de dire qu'on est contre Kyoto.»
Les écologistes québécois ont par la suite proposé à la région Poitou-Charentes de venir avec eux à Bali, en Indonésie, pour la prochaine conférence de l'ONU sur les changements climatiques.
«C'est une bonne idée», a dit Mme Royal.
Sur les 65 pays membres de l'Organisation internationale de la francophonie, 11 n'ont pas ratifié Kyoto: Andorre, Cap-Vert, Comores, Côte-d'Ivoire, Croatie, Gabon, Monaco, République
centrafricaine, Sao-Tomé-et-Principe, Tchad et le Canada (qui l'a ratifié avant de s'en retirer).
Éric Clément
La Presse
Par Désir d’avenir Montréal
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Publié dans : Ségolène Royal à l'étranger
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